Surtout si l'on considère que la crête ne fait pas le moine, ou l'habit le punk, et qu'il y a bien trop à vivre pour pouvoir penser en toute sincérité "No Future". Alors tous à vos ordis, faites péter les décibelles visuelles. Le voyage c'est comme le rock : c'est tout à fond! C'est maintenant. Et No-Futur se nomme Présent.

Ici Pérou, à vous Paris!!!



N.B. : en cliquant sur la première photo d'un article, la série s'affiche en grand à l'écran.

samedi 18 février 2017

Rurrenabaque - Bolivie, Région Beni, février 2017.


Rurrenabaque. A 40 minutes d'avion ou 15 heures de bus au nord de La Paz (10-12 en taxi collectif), à l'entrée de l'Amazonie bolivienne. Une semaine des plus agréables et deux jours en enfer : le voyage aller et le voyage retour. Par la route. En saison des pluies c'est chaud, "route" étant un bien grand mot même un gros, et les grands maux commencent. Levés à 6h30 on arrive au terminal vers 8h. On attend plus d'une heure avant de décoller en taxi collectif car il est impossible de savoir si la route est coupée ou non. Aucun bus ne part avant 13h, on comprendra plus tard pourquoi. Vers 9h30 le taxi se remplit et part enfin, mais 3 heures après la voiture reste embourbée : faut pousser fort on patauge et s'en fout partout. Gadoue. Et 10 minutes plus tard c'est l'arrêt complet : en raison d'éboulis la route est en travaux et bloquée jusqu'à 17h. Il est pas encore 13h. Attente qu'on tue comme on peut, entre un repas un livre et une bière au bord de la rivière, en regardant les enfants qui jouent avec rien et s'abreuvent comme ils peuvent, en regardant la montre de temps en temps et nos pieds plus souvent. Un demi-bouquin plus tard, les moteurs vombrissent déjà en guettant l'ouverture de la barrière. On se croirait au départ d'un circuit de formule 1, lorsque le feu s'apprête à passer au vert. Ici y'a pas de feu évidemment, au mieux de bois, mais quand la route réouvre enfin, tous les chauffeurs sont devenus dingues et l'ont au cul. C'est une course en direct : sans playback, sans 2ème prise, sans effets spéciaux. Avec suspense mais sans suspension. Ni filet de protection. Sans ceinture sans cerveau sans contrôle mais avec toute la connerie du monde réunie. Sang. Un accident impressionnant oblige tout de même notre chauffard de chauffeur à ralentir, un peu et à contre-coeur. Un Alain Prost local s'est foutu au creux avec tous ces passagers, voiture en vrac à la verticale le long de la paroi, et maintenant ils ressemblent plus à Ayrton Senna ou à Michael Schumacher qu'à des âmes vivantes partant en week-end. Personne ne bouge là-dedans c'est flippant. Mais notre pilote à nous a déjà effacé la scène de son disque mou et repris sa course dure. S'il prend de la drogue c'est pas d'la douce. On arrive sonnés à Caranavi, après avoir failli mourir 5 fois en une heure. Sonnés mais vivants. Certes ça fait 11 heures qu'on a quitté la maison, parcouru l'équivalent de 5 heures de route et pas fait la moitié du chemin, mais on tombe heureusement sur un chauffeur plus prudent pour la suite du trajet. 5 heures si tout va bien. Ça secoue sec par endroits mais la fatigue comme la chaleur finissent par avoir raison de nous, et c'est dans un demi-sommeil brumeux et moite qu'on débarque enfin à Rurrenabaque vers minuit. Vu la température et l'heure tardive, on cherche de suite 2 bières bien fraîches et un hôtel pas cher pour se poser et dormir, sans même passer par la douche dont on a tant rêvé, tellement on est crevé. Dès le lendemain matin on file à l'hôtel avec piscine, en bordure du río Beni, où j'envoie de temps en temps des clients. Où on est invité. Le grand luxe après la poussière, la gadoue, la fièvre et les secousses. 

Le retour? Maintenant qu'on sait que la route est fermée jusqu'à 17h, on ne va pas se faire avoir 2 fois. On prévoit donc un départ vers 11h de Rurrenabaque pour arriver à l'endroit des travaux au moment où ils réouvrent la route. Sauf que. Il manque 2 personnes pour que le taxi collectif parte et on attendra presque 4 heures avant qu'il se remplisse enfin. Bouquin et repas pour tuer le temps, regarder la montre et ses pieds. Comme d'hab. Evidemment le chauffeur, qui n'avait que ça à foutre pendant ces longues heures, n'a pas fait le plein ni regonflé ses pneus alors qu'il a une roue à plat. Histoire de perdre une demi-heure de plus gratos. Pour le plaisir. On décolle de Rurre vers 15h, enfin, pour crever à 19. Pas de roue de secours bien sûr donc on perd encore 1 heure le temps de réparer le long de la route. Si loose is win, alors ils sont champions du monde tous sports et toutes catégories confondus. Et avec des si on peut refaire le monde et se voir en vainqueur, mais en attendant c'est surtout la loose. En attendant on arrive vers 2h du matin chez nous après avoir vécu la même galère et mis le même temps qu'à l'aller. 

A part ces 2 jours de voyage, la semaine à Rurrenabaque est à l'inverse une merveille de détente. Dépaysement. La chaleur, la langueur et la douceur de vivre amazonienne. Tout le monde en short et en tongues. La circulation fluide des 2 roues, en short et en tongues également. Une famille de 5 sur une maigre 125, record battu. Des gens généralement souriants, relax et courtois. La chance peut-être mais on mange bien et pas cher. Se gave de steaks de Surubí et de poisson frais, en pénurie à La Paz. Et le décor est magnifique car Rurrenabaque se trouve à la porte d'entrée de l'Amazonie, plane avec ses grands fleuves bruns, et bordée par les ultimes reliefs andins. En bref une belle surprise. 




Attente à Challa.












Arrivée à l'hôtel Maya où la réceptionniste nous accueille de son flegme tout british. Verdoyant.
















Après avoir posé les sacs, on file faire un petit tour de reconnaissance, notamment des moyens de transports locaux.








Hunda!





Tout compte fait on va se rabattre sur les bateaux, c'est encore le plus sûr et le plus courant ici, et au moins on aura à bouffer. 





































Encore que certains tas-de-boue regorgent de trésors. Alors on fait le plein.









De bières.









Pendant que Maya fait le tour de sa Terre.













Nous celui du jardin.

















Et les moustiques le tour de mon corps.









Matin.









Avec les bateaux, ici c'est aussi le royaume des 2 roues.

















Grimpette au mirador et grosse suée. De porc pour la rime mais sérieux on frime pas, sous les incisives du soleil.





































Retour au bord du fleuve et à la cabanne du pêcheur où Cabrel reste pourtant muet. Aux "peque-peque" et bateaux qui transportent machines à laver, camions ou encore rien, en toute "liberté". Enfin à l'hôtel pour profiter de la lumière de la fin d'après-midi. 

























































Une dernière ballade le long des canalisations d'eau qui alimentent la ville et surplombent le río Beni. Chemin pas commode, à chercher, mais ça vaut le coup d'arriver jusqu'à la plage inondée du crépuscule.